Tendances 2018 top

Quelle leçon tirer de la crise de Facebook ?

Tout le monde le sait, l’adolescence est une période difficile. Pour ses 14 ans, Facebook vient de connaître le scandale le plus important de son existence.

Facebook face à la polémique

A l’origine du dossier Cambridge Analytica, une société qui a subtilisé les données de plus de 87 millions d’utilisateurs de la plateforme dont aurait été victime Mark ZUCKERBERG lui-même. La suite est aussi sordide, la société à l’origine de ce détournement, aurait travaillé au service de Donald TRUMP pendant la campagne présidentielle. Les réseaux sociaux au cœur de la stratégie de Barack OBAMA ont contribué à son élection et sa réélection. Pour TRUMP, ils ont été décisifs et on ne peut s’empêcher de penser d’y voir un lien entre Fake News et l’exploitation des profils.

Touché de plein fouet par les accusations, Facebook a été pénalisé dans un premier temps par la chute de son titre en bourse. Du côté des internautes, le hashtag #DeleteFacebook relayé par des influenceurs tels que le co-fondateur de Whatsapp a sonné le gong. Les utilisateurs quittent le navire et certaines entreprises ont averti qu’elles arrêtaient toute collaboration avec la plateforme.

Déjà embourbé dans l’affaire des Fake News dont il n’est pas sorti, Facebook doit faire face à un nouveau scandale qui touche cette fois directement ses utilisateurs. Rappelons que le réseau social repose sur son nombre d’inscrits pour attirer les annonceurs puisque son service reste entièrement gratuit pour les membres. Cette affaire ternie son image et Facebook perd peu à peu son aura. La méfiance est désormais installée dans tous les camps. Du côté des USA, 9% des américains auraient supprimé leur compte – ou désactiver, cela reste à confirmer – et 17% ont retiré l’application de leur smartphone. Des chiffres qui n’ont pas été confirmés par Facebook. En France, un sondage ifop rélève qu’1/4 des Français auraient décidé de se passer de Facebook mais combien sont passés à l’acte là encore les chiffres manquent.

Dans le fond, le problème n’est pas de savoir qui a #DeleteFacebook car même si des désinscrits il y a, le nombre sera peu impactant pour le réseau social. Il faut surtout s’interroger sur les suites possibles que cela peut engendrer et qu’en retenir.

Les conséquences globales

Avec plus de 2 Mds d’utilisateurs, Facebook serait la première nation du monde en terme de population. Les conséquences de l’exploitation d’une faille ou risque d’une menace ne peuvent donc plus être ignorées étant donné l’impact à l’échelle mondiale.

Mark ZUCKERBERG vient de rendre des comptes face aux interrogations des Députés de la Chambre des représentants aux USA. Sa responsabilité a été mise en cause et a même été évoqué pendant la polémique s’il allait quitter ou non son poste de CEO. Au final, pas question de laisser la main à un autre même s’il a reconnu avoir failli.

Si Facebook était bien sûr au centre du débat durant ses 2 jours, il n’est pas resté le seul sujet évoqué par les deux partis. Le fondateur de Facebook s’est excusé publiquement pour ne pas avoir tenu ses devoirs et obligations et il a annoncé des mesures avec effet immédiat telles que la limitation de l’accès aux données des utilisateurs par les services tiers et d’autres à venir. Mais c’est bel et bien la régularisation d’internet qui a été le sujet de fond ; le fondateur la jugeant inévitable a été rejoint par Elon MUSK qui lui est aussi favorable. Après la fin de la neutralité aux US, une nouvelle page est en train de se tourner et s’écrira avec elle le nouveau profil d’internet.

En Europe on aimerait aussi entendre le fondateur et CEO de Facebook même si un faible pourcentage d’Européens a été touché par le scandale. En réalité, c’est le moment opportun pour notre vieux continent d’aborder la confidentialité et protection des données portées par le projet phare de la loi RGPD qui entrera en vigueur le 25 mai.

Au final, la crise de Cambridge Analytica a fait resurgir le vieux démon du voleur de données. La confiance a été mise à rude épreuve, les internautes citent notamment comme première raison de méfiance, la crainte de voir utiliser leurs données personnelles et les autres réseaux sociaux sont aussi dans le collimateur.

Enrichir votre lecture

Je vous conseille ces liens pour construire et enrichir votre analyse. Tous vos commentaires sont les bienvenus.